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Parlons chiffres : la permaculture est-elle rentable ?

Photos et schémas par Agrilandscape - Fabian Feraux


Alors ... c'est LA question qu'on nous pose depuis toujours, et souvent.

On pourrait comparer à la question : "Le PIB est-il un indicateur pertinent de la santé d'une société ?"

Comme pour bien des sujets : oui, et non.



Nicolas et Fabian en réunion sur un dimensionnement agricole
Nicolas et Fabian en réunion sur un dimensionnement agricole

Remettons les éléments dans leur contexte : chez Agrilandscape, notre métier est de proposer des services d'aménagement de territoires soutenables, qui bénéficient aussi bien à la nature, aux humains … et au portefeuille. De ce fait, nous sommes amenés à opérer le plus souvent pour des exploitations agricoles, mais pas uniquement.

Nous mettons un point d'honneur à ne pas raconter des salades (…) et rester pertinents, nous insistons sur la nature économique de chaque projet. Chaque design étudie le business model adapté à sa situation humaine, financière et environnementale.


C'est rentable, oui ou non ?

La permaculture peut être rentable, mais cela dépend de nombreux facteurs : taille de la ferme, produits cultivés, coûts de production, demande du marché. Nous mettons l'accent sur la conception d'écosystèmes agricoles pérennes, où les plantes et les animaux interagissent de manière bénéfique les uns avec les autres.

Il y a lieu de concevoir des systèmes qui perdureront, qui s'améliorent et améliorent leurs conditions dans le temps long

Cliquez pour agrandir - planification simplifiée d'un programme d'installation de ferme
Cliquez pour agrandir - planification simplifiée d'un programme d'installation de ferme

Ce n'est pas tout : il y a lieu de concevoir des systèmes qui perdureront, qui s'améliorent et améliorent leurs conditions dans le temps long (il faut donc être patient !), et qui consommeront à terme peu ou pas de ressources (si celles-ci sont conçues pour être cycliques). Voir à ce sujet l'article sur le pâturage tournant dynamique.

C'est pourquoi, l'organisation des espaces et les investissements à consentir, physiques, matériels, humains ou financiers, relèvent une grande importance pour parvenir à vos objectifs.

Voici des exemples de systèmes cruciaux pour optimiser votre projet (des systèmes dans le système) :

  1. la gestion de l'eau : stock, distribution, collecte etc.

  2. la circulation et les accès qui peuvent faciliter ou rendre votre projet ingérable

  3. les clôtures, les segmentations, les zones de productions, les productions combinées etc.

Mais il y en a beaucoup d'autres.


Quelques repères

Quels sont les points importants à considérer pour définir la rentabilité ?


L'un des principes clés de la permaculture est de maximiser l'utilisation des ressources disponibles sur place, de minimiser les intrants externes coûteux et d'établir des cycles de rétroaction positifs. Par exemple, les systèmes de permaculture peuvent intégrer des cultures diversifiées, des associations bénéfiques entre plantes, des techniques de conservation de l'eau et de gestion des nutriments, ainsi que l'utilisation de la biomasse et du compost pour fertiliser les cultures.


Récupration du fumier optimisé à la Ferme du Mont Lassy
Récupration du fumier optimisé à la Ferme du Mont Lassy

En adoptant ces méthodes, on peut réduire nos coûts de production liés aux intrants agricoles, tels que les classiques engrais chimiques et les pesticides., mais aussi les intrants tout court. A la Ferme du Mont Lassy, en polyculture-élevage, nous localisons les bœufs dans un espace réduit en basse saison, en leur installant une épaisse litière de broyat sur laquelle leurs déjections fertiles vont venir amender un compost extrêmement bénéfique, tout en limitant l'impact négatif des sabots dans les prairies humides. La permaculture favorise la résilience des écosystèmes cultivés, ce qui réduit les risques liés aux aléas climatiques et aux maladies des cultures.


La diversification, une question-clé

Un autre aspect important est la diversification des produits. Au lieu de se concentrer sur une seule culture, la permaculture encourage la production d'une grande variété de cultures et d'animaux adaptés aux conditions locales. Cela permet de diversifier nos revenus et de répondre à une demande croissante pour des produits locaux, biologiques et durables.

N'oubliez pas : vous misez sur le temps long.

Il y a un revers à cela, que nous avons vu et voyons encore et encore : c'est de ne pas faire trop, n'importe quoi ni n'importe comment … en écoutant n'importe qui. On peut arriver à un résultat bien pire, voire ingérable, avec à la clé un abandon final, en se lançant dans une diversification aventureuse, mal dimensionnée, et dont les volumes sont soit trop petits par rapport aux coûts de production, soit trop vastes pour être correctement gérés.

De notre côté, on calcule séparément chaque élément de façon pondérée pour produire plusieurs scénarios parmi lesquels nous allons prendre des décisions éclairées et en connaissance de cause avec nos clients.


Pour quels investissements ?

Evaluation de la progression du bilan sur 3 ans d'installation
Evaluation de la progression du bilan sur 3 ans d'installation

Il est important de noter que la mise en place d'un système de permaculture peut nécessiter un investissement initial important en termes de temps, de main-d'œuvre et de ressources. La transition d'une habitation, d'un territoire ou d'une exploitation agricole, conventionnelle ou non, vers un système de permaculture prend du temps et nécessite une planification minutieuse.


Évoquons quelques chiffres (à prendre avec des pincettes) : hormis l'achat foncier ou la rénovation et la construction d'infrastructures de type habitation, on peut considérer l'investissement total d'une ferme complète entre 300.000 et 800.000€ selon les conditions (et c'est bien peu comparé à l'agriculture conventionnelle !). Nous avons aussi travaillé sur des projets nécessitant plusieurs millions.


Imaginez : 2 ou 3km de clôtures (qui vous font économiser parfois 25.000€ ETP de temps de travail par an à courir derrière les cochons qui se prennent pour les Daltons ou réparer votre truc pas assez tendu !), des bassins (qui vous font économisez des milliers d'euros par an en eau en plus de soulager le réseau de ville), des hectares de vignes à 25.000-30.000€ l'hectare installé, des bêtes, 300 arbres hautes tiges, 4km de haies qui vous fourniront de meilleures conditions climatiques, des protections et de la biomasse. Et vous n'avez pas encore commencé à vendre une salade que les frais courent et courent toujours.

Tout cela met du temps à se développer et vous devez en prendre soin car c'est de l'investissement pour l'avenir !

Tout bon financier y verra cependant le chiffre d'affaires qu'il peut en retirer (et il a raison, on ne part pas la fleur au fusil). Six mille poulets (c'est très facile à faire et pas si grand) : 60.000€/an, 8000m2 de petits fruits : 225.000€/an (en les valorisant) etc. Tout cela pendant que votre excellent design contribue à rendre vos terres florissantes et en augmenter leur valeur … si vous avez bien associé et fait tourner le bon nombre d'animaux sous l'ombre des bons végétaux.


Côté jardin, pour tout un chacun, on peut très honorablement s'en sortir pour 15.000 à 30.000€ sans grandes structures spécifiques.

A cela il faut évidemment opposer le "do it yourself", la débrouille, la récup, etc. Il n'y a pas de jugement de valeur, c'est toujours une question de temps et d'argent. A vous d'équilibrer ce choix.


Il y en a donc pour tous les goûts, et tous les portefeuilles.


Bref tout ceci pour expliquer qu'il y a plusieurs façon de se débrouiller en fonction de ses ambitions et de sa situation.

L'important reste : un bon design, une bonne organisation, des analyses réalistes, et un devoir d'objectivité par rapport à vos vrais besoins.

La rentabilité de la permaculture varie en fonction des conditions locales (les règlements, l'accès au foncier), du marché (transformation des produits, restaurants à proximité) et de la capacité de commercialiser efficacement les produits (circuit de distribution, réseau). Il est essentiel de mener une étude de marché approfondie, de développer des canaux de vente appropriés et d'établir des partenariats avec d'autres acteurs de la chaîne de valeur alimentaire pour maximiser les chances de rentabilité.


En conclusion ?

Y a-t-il une vraie conclusion à cela ? Les fermes sont-elles rentables ? Si oui lesquelles ? Ont-elles un investissement suffisant ou un sur-investissement pour fonctionner ? Saura-t-on vraiment si elles sont rentables lorsqu'elle se revendront ou qu'elles auront valorisé leur croissance ? Ce que nous pouvons vous dire, c'est qu'un bon territoire bien agencé en permaculture et géré en bon père de famille avec sérieux sur le long terme, c'est comme d'être assis sur un trésor.

Un bon projet en permaculture permet (à terme) d'être comme assis sur un trésor

Oui, la permaculture peut être rentable, mais cela dépend de nombreux facteurs. L'adoption de ses principes réduira les coûts de production, favorisera la diversification des revenus et répondra à une demande croissante pour des produits durables. Cependant, la mise en place d'un tel système nécessite une planification minutieuse et une adaptation aux conditions locales, quelles qu'elle soient.

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